Le parcours d'un homme qui, grâce aux livres et à l'écriture, parvient à se reconstruire.
Grégoire Delacourt écrit en général des livres qui font du bien aux autres, or celui-ci il l’a écrit pour se faire du bien à lui : une sorte d’analyse de ses relations et problèmes avec ses parents, surtout son père. Intéressant. Facile à lire.
Quel courage d’écrire sur sa propre personne ! surtout lorsqu’on a été victime d’abus. Ecriture d’une finesse et d’une justesse admirables… Grégoire Delacourt se fait du bien à travers cette écriture qui semble l’avoir « réparé » … A lire…
L’auteur aborde par petites touches et pudeur un traumatisme qu’il a vécu et qu’il revit en conscience.
Un rythme psychanalytique, qui montre le cheminement pour pouvoir exprimer la souffrance.
DIOP, David - La porte du voyage sans retour (Seuil)
Au XVIIIe siècle, Michel Adanson, un jeune botaniste, arrive sur l'île de Gorée, surnommée la porte du voyage sans retour. Venu étudier la flore locale, ses projets sont bouleversés lorsqu'il apprend l'histoire d'une jeune Africaine, promise à l'esclavage, qui se serait évadée. Adanson part à sa recherche, suivant les légendes et les contes que la fugitive a suscités.
Un roman bien écrit. Qui mêle botanique, découverte de l’Afrique, qui parle aussi de l’esclavage, d’amour… Un livre qui nous interroge : sur la transmission (d’un père à sa fille, d’un homme à la postérité) ; sur notre regard à l’Autre, l’étranger ; sur notre rapport à la nature.
Dans les Cévennes, l'équilibre d'une famille est bouleversé par la naissance d'un enfant handicapé. Si l'aîné de la fratrie s'attache profondément à ce frère différent et fragile, la cadette se révolte et le rejette. Prix Landerneau des lecteurs 2021, prix Femina 2021, prix Goncourt des lycéens 2021.
Un roman bouleversant et qui sonne juste. Un enfant gravement handicapé arrive dans une fratrie. Nous sont rendus les réactions du grand frère qui nous émeut par l’affection et la délicatesse dont il fait preuve. Puis les réactions de la sœur d’abord révoltée puis qui trouve sa place dans la vie. Original, ce sont les pierres qui racontent l’histoire. Et … la vie continue.
L’écriture de l’auteure m’a beaucoup plu. Un style fluide. Une histoire pleine de sensibilité. D’un sujet difficile l’auteure en fait quelque chose de « beau ». La relation entre les membres de cette famille est touchante. Un livre bouleversant, qui mérite bien prix Goncourt des lycéens 2021.
Un récit magnifique… l’histoire d’une fratrie, la puissance de l’amour, des mots, des sentiments, des interrogations face à cet enfant handicapé dont le corps reste inanimé… l’apaisement de la nature si puissante… L’amour à partager, l’incompréhension, une histoire de vie… L’histoire d’une famille… et le bonheur… simple… des moments partagés… Un récit subtil… des mots justes… Un prix bien mérité !!
D’intenses moments de lecture : émouvant, sensible, très juste. Trois trajectoires de vies percutées par la naissance d’un enfant handicapé, trois regards sur le péril de se perdre et sur les chemins de résiliences pour apprivoiser des blessures qui ne pourront jamais se refermer. Magnifique ode à la nature : remarquable évocation des Cévennes. Très belle écriture.
HASHIMI, Nadia - Là où brillent les étoiles (Hauteville)
Kaboul, 1978. Sitara, 10 ans, mène une vie heureuse et paisible avec sa famille dans le palais présidentiel, mais tout bascule lorsqu'un coup d'Etat éclate. Orpheline, elle doit sa survie au courage d'un soldat et trouve refuge aux Etats-Unis. Des années plus tard, elle retourne en Afghanistan pour faire la lumière sur les événements dramatiques qui ont conduit à son exil.
Sitara mène une vie heureuse avec sa famille au palais à Kaboul. Un soir elle va sur la pointe des pieds regarder les étoiles. Et arrive l’impensable pour elle, l’assassinat de toute sa famille qu’elle entend. Nous suivons cette petite fille avec joie au début, horreur ensuite, apaisement en fin. Quelle épopée ! ça ne se résume pas, ça se lit. Très prenant.
Récit fascinant qui nous tient en haleine jusqu’au bout… A lire et à partager absolument !
Une adaptation aux difficultés de la vie. Energie, force, retour aux sources. Le style et la traduction sont parfois un peu pesant. Bonne lecture.
Un roman émouvant. Dans le personnage de Sitara on ressent la souffrance muette des gens traumatisés par la violence et la guerre, la culpabilité des survivants qui ne peuvent envisager un avenir tant qu’ils ne sont pas réconciliés avec le passé.
HORNAKOVA-CIVADE Lenka - Giboulées de soleil (Gallimard)
Magdalena, Libuse et Eva partagent le même destin, où elles grandissent sans père de mère en fille. Chacune, selon sa personnalité, ses rêves, son époque, etc., fera de cette malédiction une distinction. Prix Renaudot des lycéens 2016. Premier roman.
Un très beau livre avec en toile de fond l’histoire méconnue de la Tchécoslovaquie. Une histoire de femmes, nées sans pères, sur plusieurs générations… On voudrait parfois leur donner un coup de pouce pour changer leur destin. Un livre bien écrit.
Giboulées de soleil : un très beau titre. Trois générations de femmes subissent de nombreuses épreuves, mais toutes trois ont des ressources pour parvenir à garder la tête haute et tournée vers le soleil. En toile de fond, l’histoire tchèque qui m’a beaucoup intéressée en un temps. Un récit bien écrit, agréable à lire.
Trois femmes au destin similaire dans un monde hostile. Bien racontée.
Trois femmes pleines courages dans un pays et une époque où il n’était pas aisé d’être estampillé « bâtardes » …
Klara est un robot ultraperformant, créé pour tenir compagnie aux enfants et aux adolescents. Elle est exposée dans la vitrine d'un magasin d'où elle observe les passants en attendant d'être choisie. L'occasion se présente enfin mais l'humanoïde pourrait déchanter.
Première partie du roman qui présente Klara et ses collègues A.A. dans le commerce qui les vend : trop long. Deuxième partie où Klara prend ses fonctions de « copine » auprès de Josie et de sa famille : maladie de Josie et le soleil. Je n’ai pas aimé ce roman. Le soleil m’a donné une insolation.
Les robots, l’intelligence artificielle font partie du présent mais se développeront encore davantage dans le futur, aussi ce roman nous oblige à nous poser la question de l’humain.
Mary Mallon, immigrée irlandaise courageuse et obstinée, arrivée seule à New York à la fin du XIXe siècle, travaille comme lingère avant de se découvrir un talent caché pour la cuisine. Malheureusement, dans toutes les maisons bourgeoises où elle est employée, les gens contractent la fièvre typhoïde, et certains en meurent. Mary, de son côté, ne présente aucun symptôme de la maladie.
Parcours d’une jeune Irlandaise arrivée en Amérique et porteuse saine de la typhoïde… A lire.
Mary, l’Irlandaise, femme charismatique… Très intéressant. A lire.
MESSINA, Laura Imai - Ce que nous confions au vent (Albin Michel)
Après avoir perdu sa mère et sa fille dans le tsunami de 2011, Yui sombre dans le désespoir. Elle apprend l'existence d'une cabine téléphonique désaffectée, installée dans un jardin au-dessus de la mer à Iwate, au Japon, qui permettrait de communiquer avec les disparus. Elle s'y rend et rencontre Takeshi, un médecin dont la fille de 4 ans se mure dans le silence après la disparition de sa mère.
Un livre aux chapitres courts, tout en délicatesse. Où une cabine téléphonique (qui existe réellement) peut permettre à certains de faire leur deuil. On s’attache peu à peu aux personnages.
Seul livre au « club », j’hésite à le prendre, mais je ne regrette pas. On est vite habité par ce livre, son histoire et ses personnages qui se reconstruisent après la perte d’un être cher. Ils se retrouvent dans tous les sens du terme dans ce lieu inspiré autour de cette cabine téléphonique qui leur permet de communiquer avec ceux qui sont partis et leur dire tout ce qu’on ne s’est pas dit avant… Une lecture dont on se souviendra longtemps !
Plus on avance, plus on s’attache aux personnages… un récit subtil… sur la résilience…les sentiments…la vie…les rencontres… Une lecture apaisante.
Un homme en fuite s'installe à Pozonegro, un ancien centre minier devenu un village perdu. Parmi les habitants qui cachent tous un secret plus ou moins dangereux, il rencontre Raluca, une femme généreuse qui aime peindre des chevaux.
Fascinant. Le MAL (désindustrialisation, maltraitance, dépendance, délinquance, abandon, culpabilité) et les sentiments qu’il engendre, n’a pas le dernier mot.
C’est une histoire écrite à la façon d’un conte portée par une belle écriture. L’intrigue est habilement menée. Les personnages dévoilent peu à peu leurs parts d’humanité, de violence et de solitude leurs secrets. Réflexions intéressantes sur la vie, le mal, le bien.
Belle découverte de cette auteure, pour moi, inconnue… Plume alerte pour un récit par moments bien sombre… Mais tout finit bien ! Comme dans les contes…