Franck décide de louer, à contrecoeur mais par amour, une maison dans le Lot pour y passer l'été avec Lise. La maison ne figure sur aucune carte et se trouve dépourvue de tout réseau. Nulle mention non plus du fait qu'elle fut pendant la Première Guerre mondiale habitée par un dompteur de lions allemand. Dès le premier soir, le couple se trouve confronté à la présence d'un chien-loup inquiétant.
J'ai beaucoup aimé ce parallèle d'histoires plurielles dans un même lieu. Les façons d'être et de penser n'ont guère changé, si ce n'est la modernité en 2017... Quoique !!
Chien-loup est un double conte se déroulant à des périodes différentes. A la fin les deux histoires se rejoignent. Très original, bien écrit et le suspens dure jusqu'à la fin !
A Lubok Sayong, près de Kuala Lumpur, Beevi décide un jour d'adopter l'orpheline Mary Anne et de recruter miss Boonsidik pour l'aider à tenir son bed & breakfast, fraîchement aménagé dans la maison familiale. Pendant ce temps, son vieil ami Auyong initie sans le vouloir la première Gay Pride. P
rix du premier roman étranger 2018.
Narration de tranches de vie en Malaisie. Agréable à lire.
Avec une verve réjouissante, l’auteur dépeint les péripéties d’une communauté multiculturelle malaisienne. Jolie découverte !
MATHIEU Nicolas - Leurs enfants après eux (Actes Sud)
En août 1992, dans une vallée perdue de l'est de la France, deux adolescents trompent l'ennui d'une journée de canicule en volant un canoë pour aller voir ce qui se passe de l'autre côté du lac, sur la plage naturiste. Pour Anthony, 14 ans, ce sera l'été de son premier amour, celui qui orientera le reste de sa vie.
Prix de la Feuille d'or 2018, prix Blù Jean-Marc Roberts 2018, prix Goncourt 2018.
Excellent portrait de la vie des habitants et surtout de la jeunesse dans une région déshéritée du nord-Est de la France durant les années 90. Un prix Goncourt qu’on lit avec plaisir et intérêt.
Tout se dégrade. Idée de décrire l’époque, OK. Mais le style au ras de la petite culotte et des Pet’s.
Un regard sur une région sinistrée, sur une jeunesse qui veut vivre et en échappant à ce que vivent ou ont vécu leurs parents. Des personnages attachants que l’on suit sur 4 étés, ou 8 ans, à partir de leurs 14 ans.
Un autre roman sur les « Invisibles de la République » région sinistrée sur le plan de l’emploi, jeunesse sans emploi avec des parents déboussolés, avenir incertain : c’est d’actualité. Et leurs enfants après eux ?..
En parallèle de la gestion d'une petite papeterie à Kamakura, Hatako, 25 ans, est écrivain public, art enseigné par sa grand-mère. Grâce au talent et au caractère dévoué de la jeune femme, la boutique devient un lieu de réconciliation avec les autres et avec elle-même.
Une lenteur du récit voulu met en valeur… nature, spiritualité, saveurs culinaires, traditions, codes, rituels… un roman subtil, délicat, incite à prendre conscience de l’instant présent… Ruptures, chagrins, de deuils, d’amitiés, de rencontres… L’Art de l’écriture, calligraphie japonaise… le choix des mots, de l’écriture, du papier, du timbre… A lire !!
ROGER Marie-Sabine - Les Bracassées (Editions du Rouergue)
Les aventures cocasses de Fleur, 76 ans, obèse et phobique sociale, et d'Harmonie, 26 ans, en proie à des tocs verbaux et à un comportement violent. Toutes deux sont bientôt rejointes par d'autres personnages drôles et attachants vivant en marge de la société.
Passé le manque de ponctuation (figure de style) mais les « grosse pute enculé » et autres « ouh ouh ah » me paraissent inutiles pour le moins. J’ai mis 90 pages pour comprendre qu’il s’agit de coprolalie, de paroles incongrues, dues au syndrome de Gilles de la Tourette, une maladie neurologique. Finalement ces bracassés m’ont fait apprécier leur truculence et l’humour a contribué au plaisir de la lecture. A lire.
Deux petites filles métisses d'un quartier populaire de Londres se rencontrent lors d'un cours de danse et deviennent amies. Avec le temps, elles se perdent de vue. Tracey, la plus douée et la plus excessive, démarre sa carrière alors que la narratrice devient l'assistante personnelle d'une célèbre chanteuse. Des années plus tard, elles se retrouvent pour un dernier pas de danse.
Le roman débute par la naissance de l’amitié entre deux petites filles métisses issues d’un milieu populaire de Londres. L’une d’entre elles, la narratrice devenue adulte, raconte leur histoire entre passé et présent, entre Londres, les USA et l’Afrique. Le roman commence bien puis s’essouffle… trop long !
Ce portrait romancé du père de l'auteur, confronté à la guerre pendant son enfance normande puis envoyé comme appelé en Indochine, interroge le rapport à la violence et à son absurdité à travers les yeux d'un homme du peuple.
Très bon roman. Belle écriture.
Belle écriture. Vivant…
« Jacques à la guerre » de Philippe Torreton est un très beau roman. L’écriture est simple mais riche. Des paragraphes en italique interposés dans le cours de l’histoire, mais faut vivre les derniers instants de ce père. A lire. Absolument.
Un bon moment de lecture à travers les sentiments d’un homme ordinaire dans une période trouble de notre histoire. L’histoire d’un homme simple confronté malgré lui à la violence. Plein d’humanité et d’émotions, récit profond. J’ai aimé l’écriture, le style tout en couleur. Malgré les évènements tragiques la tendresse l’emporte.
TURCKHEIM Émilie de - Le prince à la petite tasse (Calmann-Lévy)
L'auteure, son mari et leurs deux fils accueillent un réfugié dans leur appartement parisien. Reza est un jeune Afghan qui a perdu sa famille et fui son pays en guerre à l'âge de 12 ans. Elle raconte l'année passée en famille avec lui et la volonté de lui faire partager les valeurs fraternelles de la France.
Un sujet de notre époque, traité de façon excellente ! A lire ++
Très beau récit, émouvant, vrai. Mon beau-frère est afghan je l’ai retrouvé dans Reza (surtout dans l’utilisation de l’huile ;-) ! )
Le prince à la petite tasse me rappelle étrangement ma rencontre avec un jeune iranien. Je l’appelais le petit prince. Même pudeur, même regard. Ce livre sensible poétique est plein d’espoir, espoir d’une France d’accueil comme autrefois qui me comble de bonheur. A lire absolument.
Très beau texte. Raconté de façon simple et poétique.
ADAM Olivier - Chanson de la ville silencieuse (Flammarion)
Ce roman musical, dont l'héroïne est la fille d'un chanteur, raconte une enfance passée dans l'ombre d'un homme célèbre et sonde le secret d'une relation particulière, celle d'une fille à son père.
Quête du père, style surprenant, que d’adjectifs.
C’est le récit d’une disparition et d’une quête, celle d’une fille à la recherche de son père, une fille qui a grandi comme une herbe sauvage au milieu d’adultes égocentriques. Je me suis laissée embarquer dans ce roman mélancolique, envoutant, poétique. Les phrases sont courtes, parfois sans verbes, de nombreuses descriptions qui donnent l’impression d’un empilement d’images et de sensations. J’ai aimé.
Grandir sans mère ni père happés par le monde artificiel du show-biz. Un manque qui justifie une quête d’une fille, d’un disparu, son père.
Peu après la Seconde Guerre mondiale, Raffaele rêve de quitter la Sardaigne pour le continent. Il s'installe à Gênes avec sa femme, Ester, mais celle-ci souhaite bientôt retourner sur son île natale. Leur fille, Felicita, y découvre le communisme avant de tomber amoureuse d'un noble et de donner naissance à un fils, Gregorio. Une saga familiale entre Cagliari, Gênes et New York.
Saga familiale se déroulant entre la Sardaigne, Gênes et New-York. Malgré la simplicité de l’intrigue, de l’écriture, cette histoire respire l’espoir, surtout à travers le personnage de Félicita la bien-nommée ! A lire…
On retrouve toute m’ambiance de Milena Agus… une histoire de famille… des destins… l’Italie. Une histoire de colère… une écriture qui nous porte… entre conte et roman entre hier et aujourd’hui… un bon moment de lecture.
On sent les odeurs, on voit les couleurs, on entend les gens… beaucoup de fantaisie dans cette histoire singulière, agréable à lire. La quête du bonheur est un fil conducteur : il faut savoir faire son bonheur de petites choses et pour l’auteur la bienveillance est la meilleure des résistances. Peut être un conte… philosophique, mais aussi une leçon de vie.
La terre promise, normalement au singulier intrigue par son pluriel et l’absence d’article. Mais ce titre, Félicita va lui donner vie, tout comme elle va bousculer tout ce qui l’entoure, donnant une dynamique positive au roman montrant que le bonheur est possible. Un bon moment de lecture avec des personnages attachants, pittoresques.
Dans cette saga familiale en Sardaigne (après la guerre) chaque personnage, si différent et attachant, rêve de sa terre promise. Félicita l’héroïne du livre, respire la bonté, la tolérance, l’amour des autres. Pour elle, la terre promise est là dans son village, au quotidien, dans ses rencontres. Optimiste… et idéaliste malgré tout.